Sotogrande : un paradis !

Direction Sotogrande, îlot immobilier ultra-exclusif sis dans le Sud de l’Espagne. Nous voilà au coeur d’un triangle d’or où le passionné de golf pourra jouer sur quelques uns des plus beaux parcours d’Europe.

La région de Sotogrande, dans le Sud de l’Espagne, entre Méditerranée et Atlantique, fait partie du cercle très fermé de ces petits coins de paradis où le golf acquiert une autre dimension. Et devient un véritable lieu de pèlerinage.

Sur un périmètre très réduit, le passionné de swing y fera le plein d’essences rares avec, en toile de fond, quelques uns des plus beaux parcours d’Europe, voire du monde.

Le triangle d’or formé par les clubs de Valderrama, Real Sotogrande et San Roque est un must à consommer sans modération. Il fait partie de ces lieux magiques où le temps semble s’arrêter, juste pour permettre d’écouter le chant des birdies. Un peu comme dans d’autres capitales épicuriennes et historiques du golf. St.Andrews, en Ecosse, avec le Old Course, Kingsbarns et Carnoustie. Ou Monterey, en Californie, avec Pebble Beach, Cypress Point et Spyglass…

Valderrama, of course !

 

Nul besoin de présenter le “championship course” de Valderrama, chef d’oeuvre de Robert Trent Jones. Balisé par les pins parasols, manucuré comme un jardin botanique, ce joyau a été, en 1997, le premier parcours non-britannique à accueillir la Ryder Cup en Europe. C’est tout dire…

L’endroit a des allures de carte postale, un peu comme l’Augusta National. C’est le nec plus ultra. Mais le joueur n’a évidemment pas intérêt à trop contempler l’environnement tant le défi golfique s’avère délicat à négocier avec des fairways étroits, des obstacles d’eau savamment placés (comme sur le légendaire trou n°17, redessiné par Ballesteros en personne) et, surtout, des greens illisibles comme le hiéroglyphe et rapide comme le marbre. Bonjour l’angoisse!

Valderrama est un must. Forcément fermé et réservé essentiellement à ses « socios ». Le greenfee se négocie autour des 300 euros, prix d’ami et à certaines heures. Mais quand on aime on ne compte pas. Et on savoure le moment.

 

La magie de Sotogrande

 

Un peu plus loin, en descendant vers la mer, le Real Club de Sotogrande est un autre « monument classé ». Lui aussi a été dessiné par Robert Trent Jones. En 1964, alors que Valderrama a vu le jour en 1975. Sotogrande était l’un des premiers parcours de la Costa del Sol, dans la foulée u Real Club de Campo de Malaga, près de l’aéroport et du Parador.

On y y retrouve évidemment la griffe du célèbre architecte américain mais, cette fois, le défi est très lisible et, forcément, un peu plus facile à relever pour le joueur moyen. Les vues sont imprenables et l’environnement majestueux avec, pêle-mêle, des lacs, de vastes bunkers et des greens aux multiples pentes. Le tout au coeur d’une palmeraie à nulle autre pareille.

Le RGC Sotogrande est un havre de paix « à l’ancienne » où la vieille Espagne se laisse bercer par la vieille Angleterre, pour le meilleur et rien que le meilleur.

C’est autour ce club que fut créée, d’ailleurs, la prestigieuse et très exclusive zone résidentielle de Sotogrande, mélange ensoleillé du Zoute et du Touquet avec ses villas de grand luxe, sa marina et ses clubs de polo.

Sotogrande n’a rien des stations balnéaires traditionnelles du Sud de l’Espagne. Conçue dans le sixties à l’initiative de Joseph McMicking, un colonel américain tombé amoureux de la région, elle symbolise l’art de vivre dans un cadre enchanteur, loin du brouhaha et de l’agitation des plages. Ici, on entend à la fois les moustiques et les birdies voler…

Réservé officiellement à ses 1500 membres triés sur le volet et ouvert exceptionnellement aux visiteurs, le Real Golf Club de Sotogrande a accueilli de nombreuses grandes compétitions internationales, dont l’Open d’Espagne ou la Copa Jerez qui couronna des champions comme Harrington, Garcia ou McIlroy. Severiano Ballesteros y signa quelques exploits mémorables. Et c’est ici aussi que Nicolas Colsaerts a conquis sa qualification pour le Tour européen en 2000.

Quel régal, en tout cas, de swinguer dans un tel décor parfumé des senteurs du Sud et de savourer le dix-neuvième trou sur la terrasse d’un Club House qui raconte, sur ses murs, toute l’histoire du golf.

 

 

San Roque et l’Elba

 

Le séjour à Sotogrande ne saurait se terminer sans une escale au San Roque Club, niché à l’intérieur des terres et qui propose deux parcours de championnat de 18 trous. Là aussi, on est dans le superlatif. Le « Old », dessiné par Dave Thomas et Tony Jacklin au milieu des chênes et des pins, est à la fois classique et passionnant. Le « New », qui porte la signature de Perry Dye (ils de l’auteur de Sawgrass), est plus moderne, plus étriqué et plus challenging. Les deux se complètent parfaitement.

San Roque est une destination très prisée des connaisseurs. Le club est en effet bien plus ouvert – et plus accessible – que ceux de Valderrama ou Sotogrande.

Vous l’aurez compris : à une heure de voiture de l’aéroport de Malaga, en face du Rocher de Gibraltar, Sotogrande mérite assurément le voyage. Eté comme hiver car le mercure descend rarement sous les quinze degrés.

L’hôtel Elba, situé à Estepona (à un quart d’heure en voiture), est un point de chute idéal pour poser son sac. Situé le long de la mer et doté d’un Spa, cet établissement cinq étoiles propose, en effet, des tarifs de greenfees avantageux sur la plupart des parcours de la région, y compris les plus difficiles d’accès. Le groupe Elba (www.horeleselba.com) est devenu un acteur important du secteur hôtelier en Espagne, notamment auprès des touristes golfeurs. Ses hôtels de Costa Ballena (près de Cadix) et de Fuerteventura (aux Canaries) ont même carrément pignon sur greens.