Le Paris fou de la Ryder Cup !

La Ryder Cup se dispute, du 28 au 30 septembre, sur le parcours L’Albatros du Golf National. Une scène de rêve pour une compétition de légende. Histoire d’un parcours pas comme les autres.

C’est le rendez-vous que toute la planète golf attend avec impatience. Du 28 au 30 septembre, le parcours L’Albatros du Golf National, sis près de Paris, accueillera la 42e édition de la Ryder Cup. D’un côté, les douze meilleurs joueurs européens; de l’autre, les douze meilleurs joueurs américains. Et que le meilleur gagne !

Depuis sa création, en 1927, le mythique tournoi ne s’est disputé qu’une seule fois en Europe continentale. C’était en 1997 lorsque, grâce notamment à la pression exercée par le regretté Severiano Ballesteros, la compétition s’était déroulée sur le merveilleux parcours andalou de Valderrama. Pour le reste, l’épreuve a toujours fait escale soit aux Etats-Unis, soit en Grande-Bretagne. C’est dire s’il s’agit d’un grand honneur pour le Golf National qui se prépare à l’événement depuis plusieurs années.

De l’avis unanime de tous les spécialistes, le parcours L’Albatros s’avère exceptionnel pour le match-play, la formule de jeu emblématique choisie en Ryder Cup.  Il réunit, en effet, tous les ingrédients pour des rencontres spectaculaires. Les quatre derniers trous, balisés par les obstacles d’eau, ont déjà fait le tour du monde. Et on a tôt fait d’imaginer l’ambiance de folie qui sévira sur ces « finishing holes » lors de la dernière journée de compétition !

Un travail titanesque

L’Albatros a été inauguré en octobre 1990. Quelques mois plus tard, il accueillait déjà son premier Open de France, dans la pluie et le vent. « Tough but fair » (« Difficile mais franc »),  avait d’entrée décrété Nick Faldo, résumant l’avis général des meilleurs joueurs. Le pari était gagné !

L’Albatros n’est pas un parcours comme un autre. Il a, d’entrée, été pensé et inventé pour répondre aux exigences du golf moderne. « Mon objectif était de créer un vrai stade de golf, susceptible de recevoir de grandes épreuves, dans d’excellentes conditions d’accueil et de visibilité pour les spectateurs et les médias, tout particulièrement la télévision. Contrairement à la plupart des golfs construits sur un terrain naturel, plus ou moins vallonné, j’ai préféré concevoir la topographie en même temps que le parcours lui-même, pour créer des tribunes et des gradins naturels. Pour ce faire, rien ne valait une feuille blanche et un terrain plat et nu… » raconte l’architecte Hubert Chesneau qui, en compagnie de Robert von Hagge, a dessiné le parcours.

Le choix se porta sur Guyancourt, au sud-ouest de la capitale, sur d’anciennes terres à blé du château de Versailles. Au total : 139 ha entièrement dédiés à l’essor du swing. Un vrai défi à tous les niveaux. « Mon idée de base était fondée sur l’apport, en grosses quantités, de terres, modelées au fur et à mesure et issues des terrassements des chantiers de l’ouest parisien, dont je savais qu’elles étaient un problème pour les entreprises au regard des coûts d’évacuation et de décharge. A partir de juillet 1987, s’organisa donc une noria de 450 camions par jour apportant leur chargement par tous les temps. Entre les terres apportées et le creusement des plans d’eau, ce sont au total 1,6 million de mètres cubes qui ont constitué le relief général… »

Le futur parcours de la Ryder Cup était né !

Parfum de links

L’Albatros (6.703m en version Ryder Cup) est un parcours difficile à négocier mais passionnant à jouer, a fortiori lorsque le vent est de la partie. Même si la mer la plus proche est distante de plus de 300 km, il dégage, en effet, un pur parfum de links, tant il est uniformément plat et exposé aux quatre vents. Et les nombreuses dunes artificielles de sable accentuent l’impression : on se croirait parfois au bord de l’océan !

Ceci dit, dans leur grande générosité, les architectes ont laissé libre cours à leur inspiration en ajoutant de nombreux obstacles plus ou moins naturels pour faire de ce « championship course » une vraie synthèse du « target golf » à l’américaine avec de nombreuses cibles émouvantes à défaut d’être mouvantes ! Des fairways ondulés, de vastes bunkers savamment placés, un rough souvent très épais, des greens diaboliques : il ne manque rien. Surtout pas les obstacles d’eau, déjà présents lors des premiers trous (nos 1 et 2) et qui deviennent carrément omniprésents sur la fin. Les greens des trous nos 15, 16 et 18 sont de véritables presqu’îles et obligent  les joueurs à prendre de vrais risques pour atteindre l’objectif sans masque ni tuba !

Ce territoire aquatique a largement participé à la renommée des lieux. Pour le joueur, il s’agit d’un vrai défi technique et tactique. Pour le spectateur et le téléspectateur, il s’agit d’un bonus émotionnel supplémentaire : quel régal de voir les balles flirter ainsi avec le danger…

Ces obstacles d’eau, si spectaculaires, répondent curieusement aussi à une obligation géologique. Les limons argileux du bassin parisien, peu perméables, auraient, en effet, transformé les greens, entourés de buttes ou de gradins naturels, en véritables baignoires. Là, les eaux de pluie sont recueillies dans ces plans d’eau reliés, par canalisations enterrées, à la station d’arrosage !

Ambiance de foot !

Une chose est sûre : l’atmosphère sera indescriptible durant les trois jours de compétition.  Conçu comme un véritable stade de golf, à l’image de certains Stadiums aux Etats-Unis, L’Albatros permet d’accueillir 70.000 spectateurs par jour. Et tous les tickets sont vendus depuis plusieurs mois…

La plupart des greens du parcours sont entourés de buttes qui peuvent se transformer en véritables amphithéâtres. Le dessin du parcours est, en outre, idéal pour permettre au public d’apprécier le spectacle. Les greens des trous 15 et 18, par exemple, sont voisins et des dizaines de milliers de personnes peuvent parfaitement s’installer autour de l’eau pour assister aux arabesques des balles. Mais le spectacle sera déjà au rendez-vous sur le tee du trou n°1 grâce à la construction d’une tribune gigantesque qui pourra accueillir 7.000 spectateurs. Du jamais-vu. Nul doute que les supporters des deux équipes y mettront une ambiance de feu, comme s’il s’agissait d’un match de football !