Les secrets de l’essor du tourisme wallon

par Membersonly

La carte de visite de la Wallonie golfique, c’est à lui qu’on la doit. Pierre Coenegrachts, le directeur général adjoint de Wallonie Bruxelles Tourisme (WBT) ambitionne, il est vrai, de vendre cette richesse à l’étranger. L’objectif de WBT ? Que la Wallonie se retrouve en bonne place dans les catalogues des tour-opérateurs golfiques étrangers. « Le golf se développe considérablement dans le secteur touristique. Il est important de sensibiliser les acteurs golfiques à une ouverture sur ce type de public car il existe une réelle demande de l’étranger comme les Pays-Bas, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la Scandinavie. Il faut inscrire la Wallonie sur la carte golfique internationale ».

Pour répondre à cette demande, WBT aide à mettre en place l’accueil des golfeurs étrangers. C’est ainsi qu’une quarantaine des packages, qui rassemblent les différents acteurs du secteur ainsi que celui de l’hébergement, ont été mis sur pied. Pour en faire la promotion, WBT a édité une plaquette, créé un site web et participe à des foires et salons. « Le golf fait partie de nos priorités de marketing affinitaire. Nous sommes au-delà du marché de niche. Le secteur l’a bien compris puisque de nouveaux golfs construisent eux-mêmes des hôtels sur leur domaine avec spa et restaurant, comme celui de Naxhelet qui propose 35 chambres ou celui de l’Empereur et ses 20 chambres», précise Pierre Coenegrachts.

Dans la même optique, un deuxième pas est sur le point d’être franchi avec la signature début mai d’une convention avec l’IAGTO (Association internationale des tour-opérateurs de golf). Dès cet été, elle sera chargée d’établir un inventaire objectif de ce qui existe en Wallonie dans le secteur golfique et ainsi d’en établir le potentiel touristique.

Aux yeux de Pierre Coenegrachts, la grande force de la Wallonie golfique tient dans sa diversité. « Nous abritons différents golfs qui sont en plus proches les uns des autres. Un touriste peut très bien jouer la carte du 3 jours, 3 parcours de golf. Et nous avons aussi une offre riche en diversité pour les accompagnants. C’est ce que nous mettons en évidence. »

Une des cibles est notamment la Scandinavie. « Elle abrite 600.000 golfeurs. Or, les conditions climatiques des Suédois, par exemple, ne leur permettent pas de jouer toute l’année. Or la Wallonie, elle, est toute proche. » Actuellement, ce sont les golfs royaux qui séduisent, les Britanniques en particulier. «Il y a celui de Ciergnon, le Royal des Fagnes, celui du Sart Tilman,… Peu importe le parcours, ils jouissent d’une réputation et d’une histoire. »

Autre atout de la Wallonie : l’équipement des golfs. « Lorsqu’on voit ce qui existe à l’étranger, on se rend compte que la Belgique est très bien lotie.» A l’exemple du fabuleux golf d’Etretat. Son parcours semble un must, par contre, le club-house manquerait quant à lui de confort. Un confort qui semble pourtant indispensable pour une fidélisation d’un public cible. « Il est très difficile d’estimer le nombre de touriste que le golf attire chez nous », précise Pierre Coenegrachts. Mais la quantité ne semble pas essentielle. « Je préfère accueillir un couple ou une famille qui joue au golf qu’un avion rempli de Chinois. Ces derniers ne font qu’une très courte escale en Belgique et dorment dans des chaînes d’hôtels low cost ou détenues par des capitaux chinois. Ils concentrent leur pouvoir d’achat dans le shopping et ne reviendront sans doute pas. Quant aux premiers, ils participeront très certainement à certaines visites, profiteront de notre terroir et de notre gastronomie. » Ce sont eux que WBT voudrait séduire et bien entendu fidéliser…