Koepka, un vrai ténor made in USA

par Hugues Feron

Non, le premier major conquis par Brooks Koepka n’était pas un accident, comme le prétendaient de nombreux (pseudo) spécialistes. Il l’a prouvé de la meilleure des manière en doublant la mise à Shinnecock Hills, un an après son premier titre à Erin Hills, dans le Wisconsin. C’est la 7ème fois dans l’Histoire de l’épreuve que cela se produit, Curtis Strange (1988-1989) étant le dernier à avoir réalisé cette performance réussie également par Bobby Jones. Un signe qui ne trompe pas.

A vrai dire, l’US Open est véritablement taillé à la mesure de Koepka, qui a parfaitement tenu le choc dans le duel au sommet face à Dustin Johnson. D’autant plus surprenant que le Floridien était perturbé depuis de nombreux mois par un problème au poignet. Il n’avait d’ailleurs pas joué le Masters ou les tournois WGC en début de saison.

Short game avec Pete Cowen

Originaire de West Palm Beach, Koepka est désormais bien implanté dans le top mondial, grimpant désormais à la 4e place au World Ranking tout en étant premier au classement américain en vue de la Ryder Cup. Alors que sa dernière victoire avait été glanée l’an dernier au Dunlop Phoenix (sur le circuit… japonais), il a ainsi prouvé qu’il faisait partie des ténors, lui qui s’est imposé dès 2015 sur le PGA Tour, au Phoenix Open dans l’Enfer de Scottsdale.

Sous ses airs décontractés “made in USA” se cache en effet une véritable machine de guerre. Capable d’envoyer du plomb à 350 yards tout en maîtrise, Koepka en impose désormais au petit jeu mais aussi au putting, où le bât blessait jusqu’il y a peu. Et ce grâce principalement à Pete Cowen, son coach à ce niveau, bien connu dans les rangs belges en tant que superviseur technique de la Topsportschool de la VVG, tout en suivant encore régulièrement Thomas Pieters.

Filière européenne

Du haut de ses 28 ans, Koepka n’est pourtant pas passé par la filière classique outre-Atlantique. Certes, il a répété tout d’abord ses gammes à la Florida State University. Mais n’ayant pas accès ensuite ni au PGA Tour, ni même au web.com Tour, Koepka, passé pro en 2012, a émigré en Europe, où il s’est imposé à quatre reprises sur le Challenge Tour. Dont trois fois en 2013, année où on a pu l’apercevoir au Telenet Trophy à Waterloo, avec une 6ème place à la clé. Une filière que suit désormais son petite frère Chase.

Depuis lors, l’élan de l’Américain n’a jamais été brisé, parvenant à se maintenir dans le Top 50 mondial depuis fin 2014 et sa victoire au Turkish Airlines Open (European Tour). La tête bien sur les épaules, il a multiplié les places d’honneur et attendu patiemment son heure pour finir par intégrer le Top 10 mondial via sa première victoire majeure.

En Ryder Cup… avec DJ?

Koepka est d’ores et déjà considéré comme un des piliers de l’équipe américaine de Ryder Cup. Soit une épreuve dans laquelle il avait parfaitement réussi son entrée en 2016, avec trois points glanés et un seul perdu (en Fourballs avec DJ contre le duo invaincu McIlroy-Pieters). Il est désormais prêt à intégrer le top 3 mondial. Sans l’air d’y toucher. Cool, man…