La magie des Landes et de la côte basque

par Raymond Green

Destination golf par excellence,  les Landes et la côte basque proposent une quinzaine de parcours de grande qualité dans un environnement de rêve.

Par Miguel Tasso

Cap sur le Sud-Ouest, mon capitaine. Direction les Landes et la côte basque, deux terres de swing dont ne se lasse pas. Elles furent, jadis, le berceau du golf en Europe continentale et elles s’érigent, plus que jamais, en escales de rêve pour les chasseurs de birdies comme en témoigne l’opération « Biarritz destination golf » lancée récemment à l’attention de tous les passionnés du sport de St.Andrews. «En collaboration avec Atout France, nous avons fédéré tous les acteurs des différents départements pour mettre en place une offre exceptionnelle, tant au niveau du golf que de l’hébergement. Avec la prochaine Ryder Cup de 2018 en point de mire, la France va devenir le centre des regards de tous les passionnés de golf. Et nous souhaitons, bien sûr, participer à cet engouement» explique Maylis Cabanieu, responsable du projet.

Impériale Biarritz

Dans un rayon d’une cinquantaine de kilomètres autour de Biarritz, on recense une quinzaine de parcours de haut niveau. Grâce à un système de « golf pass », le visiteur peut désormais les découvrir à des tarifs très avantageux. Le tout dans un environnement magique, entre mer et montagnes avec, en prime, un climat agréable toute l’année, une gastronomie très qualitative et des infrastructures hôtelières variées, du palace à la chambre d’hôte.

Station balnéaire très prestigieuse, Biarritz est, de longue date, une vraie capitale du swing. Dessiné quasiment au cœur de la ville, tout près de l’océan et à côté de l’Hôtel Le Regina, le Golf du Phare date de 1888 et fait toujours référence. Plutôt court (par 69 de 5402 mètres), il représente un vrai défi technique et tactique et recèle de nombreux pièges cachés, dont une septantaine de bunkers. Temple de la tradition, avec son Club House « so british », le lieu est incontournable.

Fondé en 1927 et distant de quelques kilomètres à peine, le Golf de Chiberta (par 70 de 5647 m) fait également partie de l’histoire du golf basque. Mélange de links et d’in-land, il porte la griffe de l’architecte anglais Tom Simpson, auteur de plusieurs parcours royaux belges (Sart-Tilman, Spa, Hainaut, Kapellen). Onze des 18 trous donnent directement sur la mer  et les autres sont dessinés dans une splendide pinède. Par son environnement magique, la qualité de son entretien et son sous sol sablonneux idéal en hiver, Chiberta est probablement le parcours le plus abouti de la région. Le coup de coeur par excellence.

Aux portes de Biarritz, deux autres parcours, plus récents et physiques, gagnent à être connus et reconnus. Le Golf d’Arcangues (par 72 de 6106m), conçu autour du célèbre château, propose quelques vues imprenables sur les Pyrénées. Et son Club House, vieille ferme restaurée du XVème Siècle, est un  havre de paix idéal pour apprécier le paysage. Le Makila-Bassussary (par 72 de 6134m), sis près de Bayonne, est, lui, niché au milieu d’une forêt de chênes et oblige le joueur à sortir le grand jeu, au propre comme au figuré. Ici aussi, le parfum basque est omniprésent, notamment dans la chaleur de l’accueil.

Escale au centre d’Ilbarritz

Le Centre International d’Entraînement du Golf d’Ilbarritz, situé à dix minutes à peine de Biarritz, est une véritable référence pour tous les golfeurs. Il compte, d’abord, un fabuleux petit parcours de  9 trous en bord d’océan qui offre des vues réellement imprenables. Il s’agit d’un par 32 de 2176 mètres à peine et d’un véritable test technique, surtout lorsque le vent est de la partie. Mais Illbarritz, c’est aussi – et surtout – un gigantesque practice composé de nombreux ateliers pour permettre aux joueurs de tous les niveaux de travailler tous les secteurs du jeu (coups longs ou courts, sur tapis et sur gazon, à plat ou en pente). L’endroit, conçu en 1988, est mondialement connu et accueille régulièrement de nombreux champions professionnels, dont Nicolas Colsaerts. Bref, voilà un lieu unique et magique, idéal pour un stage de plusieurs jours ou, simplement, une partie de 9 trous avec les vagues de l’Atlantique pour témoins. Cerise sur le gâteau : le restaurant du Club House a également tout pour plaire.

La magie des Landes

En remontant légèrement vers Bordeaux, dans le cadre magique de la forêt des Landes, plusieurs autres escales s’avèrent obligatoires.

Véritable « championship course », le parcours de Seignosse (par 72 de 6129 m) a été dessiné par l’architecte Robert von Hagge (signataire des Bordes et Kempferhof) dans un esprit à la fois spectaculaire et challenging, avec de nombreux obstacles d’eau et des greens complexes à déchiffrer. Le terrain vallonné et les fairways étroits ajoutent à sa difficulté.  Ici, le « target golf » à l’américaine est roi et, disons-le, le défi sportif est permanent.

Œuvre de Robert Trent Jones, le Golf de Moliets (par 72 de 6319m) est un autre classique avec, là aussi, un subtil mélange de trous en bord de mer et en forêt. Un pur régal pour les yeux, un vrai défi pour le swing ! Moliets est l’exemple même du parcours dont on se souvient, tant pour ses paysages que pour son dessin.  

Plus ancien (1927), le Golf d’Hossegor (par 71 de 5969m) s’inscrit dans la grande tradition des tracés britanniques traditionnels avec des fairways balisés par les bunkers et les chênes lièges  et, en prime, des greens petits et ondulés.

L’escapade golfique dans la région ne serait pas complète sans une étape à St-Jean-de-Luz (avec au menu les mythiques parcours de Chantaco et La Nivelle) aux portes de l’Espagne. Et les puristes ne manqueront pas, enfin, le détour au Pau Golf Club, créé en 1856 par William Dunn Senior et fier de son statut de « plus ancien club du monde, hors Iles Britanniques ». Le parcours (par 69 de 5312 m) n’est pas idéal pour les grands frappeurs. Mais, très technique, il ne pardonne aucune erreur. Et puis, le Club House dégage, bien sûr, ce parfum vintage qui plaît tant aux golfeurs avertis.

Oui, décidément, ce ne sont pas les bonnes étapes golfiques qui manquent dans ce joli coin de France qui cultive à la fois l’art de vivre et le culte du dix-neuvième trou.