Madrid, étonnante terre de swings

par Raymond Green

Autour de la capitale espagnole, on recense de nombreux parcours de grande qualité. L’occasion est belle de mêler les plaisirs du golf et de la culture dans l’une des plus belles villes d’Europe.

Par Miguel Tasso

Lorsqu’on parle d’escapade golfique en Espagne, on évoque le plus souvent les charmes de la côte andalouse et les merveilleux parcours de Marbella ou Sotogrande. On pense rarement, en revanche, à poser son sac du côté de Madrid. Et pourtant, la capitale recèle quelques trésors méconnus qui méritent assurément le voyage.

Tourisme et swings

Madrid est une ville passionnante. Au gré de son humeur, le visiteur peut se balader dans les ruelles proches de la Plaza Mayor et de la Puerta del Sol, apprécier les œuvres des prestigieux musées du Prado et de Thyssen,  admirer les palais, églises et monuments, souvent majestueux. Il peut aussi se ressourcer dans le parc du Retiro, savourer une tournée de tapas (avec le fameux « Jamon iberico» comme fil rouge), faire chauffer la carte de crédit dans les boutiques de la calle Serrano, s’offrir un match de foot du Real au stade Santiago Bernabeu ou, à la belle saison, une corrida dans l’arène. Il peut enfin, si le cœur lui en dit, partir à la découverte des environs et faire escale à Tolède, Ségovie, Alcala de Henares ou Aranjuez.

Voilà qui meublerait, à suffisance, bien des agendas.  Mais on sait que le golfeur n’aime pas s’éloigner des greens trop longtemps ! A Madrid, il aura tout loisir d’étancher sa soif de birdies et de mélanger à sa guise les joies du swing et du flamenco. La région compte, dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres, une trentaine de parcours plus beaux les uns que les autres.

Rares sont les grandes capitales pouvant en dire autant. D’autant que, grâce à la magie du climat, on peut jouer durant toute l’année sur greens d’été et que, via le réseau autoroutier, les accès sont assez aisés!

 

Les grands classiques

Quelques parcours sont particulièrement renommés. C’est le cas du célèbre « Club de Campo » qui propose deux remarquables « championship courses », dessinés par Javier Arana et Severiano Ballesteros, aux portes de la ville. Créé en 1929, le club s’étend sur plus de 200 hectares et propose des infrastructures défiant la raison avec du golf mais aussi du tennis, du hockey et de l’hippisme ! Quel plaisir, en tout cas, de swinguer dans un cadre bucolique avec, en toile de fond, les hautes tours de la ville…

Dans le même esprit, très classique et empreint de tradition, le « Real Club Puerta de Hierro » compte également 36 trous manucurés. Un des deux parcours porte la griffe de Robert Trent Jones, l’autre celle de Tom Simpson. Voilà qui vaut tous les discours…

La Moraleja est un autre « monument » du golf madrilène. Là aussi, deux « courses » sont au menu ! Le « 1 » a été dessiné, en 1976, par Jack Nicklaus en personne. Plutôt court (5957 mètres) il est d’une rare difficulté technique avec de nombreux obstacle d’eau et des zones hors limites. Le « 2 », plus récent et plus long, dégage la même philosophie. Les nombreux bunkers et les greens géants ajoutent cependant à la difficulté.

La « Real Sociedad Club de Campo » est un must à consommer sans modération. Ses deux parcours (Nord et Sud) sont signés par Robert von Hagge, mythique concepteur des Bordes et du Kempferhof. Inutile de préciser que le puriste sera comblé avec des trous d’une rare beauté naturelle. Un régal !

Des clubs plus récents

Ceci dit, quelques parcours plus récents sont également conseillés. On songe, par exemple, au Golf Santander, construit en 2005 par l’architecte américain Rees Jones. Propriété du « Grupo Santander » et de son PDG Emilio Botin, il s’agit d’un impressionnant par 72 de près de 7000 mètres (des boules noires). Le trou n°12 est, tout simplement, l’un des plus longs d’Europe : 612 mètres !

Septante bunkers et de nombreux lacs balisent ce parcours étonnant, érigé sur le site même de la banque, initialement à l’attention des cadres et des invités ! Dès le portail d’entrée franchi, on mesure combien, ici, l’argent n’était pas un problème. Pour la construction du parcours, il fallut bouger 1,2 million de mètres cubes de terre et planter plusieurs dizaines de milliers d’arbres. Le Clubhouse symbolise cette démesure : il dégage un petit parfum digne des Emirats !

« El Encin Golf » mérite aussi clairement le détour. Ce parcours (par 72 de 6500 mètres), également signé von Hagge, a déjà accueilli les champions de l’European Tour lors du Masters Madrid en 2011. A l’instar du Golf National de Paris, il s’agit d’une sorte de links de plaine, exposé au vent et tapissé de bunkers improbables. Les greens, immenses, sont d’une rare subtilité avec mille et une pentes invisibles. Bref, un sacré défi tactique et technique, amusant à jouer malgré sa difficulté. Un hôtel de qualité, doté de tout le confort, complète l’offre sur le site même.

Qu’on se le dise : Madrid est donc, bel et bien, une destination golfique. L’idéal est de séjourner dans le centre de la capitale pour les visites culturelles et les joies du « Madrid by night ».

Pour se rendre sur les parcours de golf, l’option recommandée est de louer une voiture ou un minibus (pour les séjours en groupe). En fonction de l’heure et du trafic, il faut compter environ une demi-heure de route. Le site www.golfbookingmadrid.com complètera l’information.