“Abama”, entre golf et gastronomie

par Raymond Green

« Abama », entre golf et gastronomie

 Au sud de Tenerife, ce resort de luxe décline l’art de vivre à tous les modes. C’est The Ritz-Carlton qui est aux commandes !

 Par Miguel Tasso

« Abama» est une adresse bien connue des golfeurs épicuriens. Ce resort cinq étoiles, situé au sud de l’île de Tenerife, recèle tous les trésors pour combler les vacanciers les plus exclusifs : un hôtel de luxe piloté par The Ritz-Carlton, une plage privée, un spa haut de gamme de 2.500m2, plusieurs restaurants étoilés et gastronomiques et, bien sûr, un parcours de golf de grande réputation. Le tout dans un décor de carte postale et sous un climat d’exception. Dans ce coin des Canaries, le soleil darde ses rayons plus de 300 jours par an et le mercure du thermomètre descend rarement sous les 20°, fût-ce au cœur de l’hiver. Embarquement immédiat vers cette oasis de tranquillité !

 

Le petit Augusta

Dessiné par le prestigieux architecte Dave Thomas, le Golf d’Abama fait référence dans son domaine. Ce n’est pas un hasard s’il fut inauguré en 2005 par Bill Clinton en personne et s’il a, depuis, accueilli plusieurs grands tournois internationaux, dont un de l’European Tour. « Il s’agit d’un parcours très exclusif. Au départ, l’idée de Dave Thomas était d’en faire un petit Augusta », explique Brendan Breen, directeur du golf.

De fait, le résultat est bluffant avec un décor de rêve. On voit la mer depuis chaque trou avec quelques vues exceptionnelles sur l’île de la Gomera. Le parcours (par 72 de 6.237m des back-tees) est balisé par 25.000 palmiers et 22 lacs aux eaux limpides. Des plantes tropicales et de multiples cascades complètent le panorama. Vingt-huit jardiniers à temps plein le manucurent comme un véritable jardin botanique. C’est un pur régal pour les yeux, surtout depuis le point le plus élevé situé à 315m d’altitude. « Mais attention, le défi golfique est à la hauteur avec quelques trous très challenging. C’est un peu l’esprit du target golf à l’américaine, il faut jouer juste et faire preuve de stratégie pour ramener une bonne carte. Les greens sont, à la fois, très rapides et redoutables avec de subtiles pentes… »

Mais grâce aux nombreux tees, les joueurs de tous les niveaux savoureront le même moment de bonheur. « Nous venons d’être désigné comme Best Golf Resort en Espagne par la revue américaine ‘Golf Digest’. C’est un grand honneur », poursuit Brendan Breen, un Irlandais installé à Tenerife depuis près de 30 ans.

Le golf est distant de quelques centaines de mètres de l’hôtel. Le client bénéficie évidemment d’une navette privée pour s’y rendre. De la même façon, il jouera le parcours en buggy avec un service étoilé (eau fraîche, fruits, GPS de la dernière génération). Bref, il n’aura qu’à emporter son meilleur swing !

A terme, il n’est pas impossible que neuf trous supplémentaires soient construits. L’espace ne manque pas et les plans sont déjà dessinés.

Les tarifs des green-fees dépendent, bien sûr, de la saison. Officiellement, le droit de jeu est de 270 euros. Mais le joueur qui réside à l’hôtel bénéficiera de prix avantageux. Et des packages sont également commercialisés.

Des étoiles plein les yeux

« The Ritz-Carlton Abama » est aussi devenu une référence au niveau gastronomique grâce, notamment, à deux restaurants étoilés au sein du resort. Un vrai must unique en Europe !

L’enseigne de Martin Berasategui, baptisée « M.B. », bénéficie de deux macarons dans le célèbre guide rouge. Le chef le plus étoilé d’Espagne (7 au total) y propose une cuisine légère, imaginative, à la fois fraîche et élaborée. Comme dans son fief de Lasarte, près de Saint-Sébastien. La déguster est, en soi, une véritable expérience gustative qui fascinera les connaisseurs. La cuisine et les produits y sont élevés au rang d’art, à l’image du menu dégustation proposé à 140 euros et qui s’érige en véritable symphonie gourmande avec des assortiments improbables.

Le restaurant japonais « Kabuki » compte, lui, une toque à son tableau de chasse. Le chef Ricardo Sanz fait, comme il se doit, la part belle aux poissons locaux, souvent travaillés dans l’esprit des sushis. Le résultat est unique avec un mélange de tapas, de sashimi, de mini-hamburgers et de sushi fusion. Le « Kabuki » est désormais installé à côté du club-house de golf, avec vue imprenable.

En marge de ces deux adresses étoilées, « Abama » propose, bien sûr, d’autres excellentes tables. Situé face à la mer, « El Mirador » est un point de chute idéal pour les romantiques, surtout lors du coucher de soleil. La carte postale s’accompagne d’une belle carte de mets avec, notamment, un remarquable poisson au sel et une succulente paella de fruits de mer. Au sein de l’hôtel, Berasategui – encore lui – propose un bistrot de tapas. Et, comme il se doit, on trouve aussi un resto italien et un steak-house. A l’heure du midi, le « Beach Club », installé en première ligne face à l’océan, est « the place to be » pour déguster une salade, un poisson grillé ou un cocktail. Avec la sieste en guise de pousse-café.

Un domaine de 160 ha

En vérité, « The Ritz-Carlton Abama » est bien davantage qu’un hôtel. C’est un véritable lieu de vie où l’on pose à la fois ses valises et ses soucis pour étancher sa soif de bonheur. Il y a le ciel, le soleil et la mer. Les Canaries souffrent parfois d’une image – de plus en plus fausse, d’ailleurs – de destination bas de gamme ou populaire. A « Abama », c’est tout le contraire. Le resort est un havre de paix, sis à des années-lumière du brouhaha de Playa de las Americas. On pourrait se croire à Bora-Bora ou aux Caraïbes tant le lieu est isolé.

L’hôtel compte 661 chambres, villas et suites. Mais le domaine est si vaste – 160ha au total ! – que l’impression d’espace domine toujours. C’est tout l’art de l’architecte Melvin Villaroel d’avoir réussi, en 2005, à composer ainsi un ensemble d’inspiration arabe où l’on se sent toujours en harmonie avec la nature et le ciel.

Pour info, le nom d’Abama est celui d’une plante tropicale locale, également connue au Ghana sous le nom de « fils de la terre ». Tout un programme.